La France, l’Autriche et la Norvège vont accueillir les plus hauts bâtiments en bois du monde, selon un nouveau rapport du Council on Tall Buildings and Urban Habitat (CTBUH), qui constate que l’Europe est à la pointe du mouvement de la construction en bois.

Le Council on Tall Buildings and Urban Habitat (CTBUH) a réalisé l’étude Tall Timber : A Global Audit sur les tours construites, en cours de construction et proposées. L’étude a évalué la hauteur, l’emplacement et le type de construction, y compris les conceptions tout en bois et hybrides.

Le rapport révèle que 21 bâtiments en bois de plus de 50 mètres de haut devraient être achevés d’ici 2019.

Avec ses 35 étages, l’immeuble le plus haut du monde est le Baobab, conçu par Michael Green Architecture pour Paris. Cette tour à usage mixte, dont l’achèvement est prévu en 2019, sera constituée d’une structure hybride en bois et en acier.

Mais la tour HoHo de 24 étages, à Vienne, pourrait bien l’emporter. Haute de 84 mètres et dont la date d’achèvement est prévue pour la fin de l’année, elle pourrait momentanément devenir le plus haut bâtiment hybride en bois du monde.

L’actuel détenteur du titre de plus haut bâtiment tout en bois est le bloc Treet de 14 étages à Bergen, en Norvège.


La Terrace House de Shigeru Ban sera construite à Vancouver avec une structure hybride en bois. Non loin derrière se trouve l’immeuble Stadthaus de 9 étages dans le quartier londonien de Hackney, qui est le premier immeuble d’habitation à haute densité à être construit avec des panneaux de bois lamellé-croisé. Également connus sous le nom de CLT, ces panneaux sont constitués de couches de bois collées les unes aux autres et sont beaucoup plus résistants que le bois ordinaire.

Avec des projets comme ceux-ci, la CTBUH affirme que l’Europe est « à la pointe des projets en bois de grande hauteur ».

Mais le reste du monde suit le mouvement. À Vancouver, au Canada, le bâtiment Brock Commons de l’université de Colombie-Britannique, haut de 18 étages et de 53 mètres, détient actuellement le titre de plus haute structure hybride en bois du monde.

La ville portuaire accueillera également la Terrace House de 19 étages de Shigeru Ban, dont la structure hybride sera composée de bois, de béton et d’acier.

Parmi les autres projets notables hors d’Europe inclus dans l’étude, citons la tour Abebe Court de 26 étages proposée pour Lagos, au Nigeria, et la tour Fortè, achevée en 2013, à Melbourne, en Australie.

Le CTBUH a réalisé cette étude pour suivre l' »explosion » des développements dans la construction en bois, les architectes se tournant de plus en plus vers le bois comme matériau de construction pour sa durabilité, sa qualité et sa rapidité de construction.


L’étude comprenait des propositions conceptuelles testant les possibilités des méthodes de construction en bois à des « hauteurs extrêmes ».
« L’essor du « bois de masse » – des produits en bois d’ingénierie tout aussi robustes que leurs homologues en béton et en acier – a donné lieu à une vague mondiale de recherches, de projets construits et de propositions spéculatives audacieuses », indique le rapport.

« Pourtant, le rythme auquel la technologie du bois de masse a progressé et les tours en bois ont proliféré n’a pas permis d’en rendre compte à l’échelle mondiale », poursuit le rapport.

Pour illustrer ces possibilités, l’étude comprend des propositions conceptuelles testant les possibilités des méthodes de construction en bois à des « hauteurs extrêmes ».

Parmi les exemples, citons la tour Oakwood de 300 mètres de haut à Londres, proposée par PLP Architecture et des chercheurs de l’université de Cambridge, qui, si elle était achevée, serait le deuxième plus haut bâtiment de la ville, et une tour à Chicago conçue par SOM et Traptoppen de Stockholm, dont les panneaux de bois seraient façonnés en fonction du nombre d’étages correspondants.

Les difficultés rencontrées au cours de la recherche ont révélé que l’essor soudain de la construction a donné lieu à peu de critères officiels pour valider le plus haut bâtiment en bois du monde. Cette situation a été exacerbée par le large éventail de méthodes de construction.

En conséquence, le CTBUH a organisé un atelier sur le bois de grande hauteur le dimanche 29 octobre 2017, axé sur une série de tâches, notamment le développement de principes tels que les critères de hauteur et la compréhension des méthodes de construction en bois de grande hauteur.